Publié le 15/06/2026
C'est l'épouse du suspect qui a tout déclenché. En découvrant des centaines de photos compromettantes sur les appareils de son mari, elle a alerté la gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées. Depuis, une affaire de voyeurisme impliquant un inspecteur du permis de conduire secoue le département, révélée le 15 juin 2026 par ICI Béarn Bigorre.
Tout commence en octobre 2025, quand une perquisition est menée au domicile de l'inspecteur. Les gendarmes de Bagnères-de-Bigorre saisissent téléphones, ordinateurs et tablettes. L'homme est placé en garde à vue et entendu par les enquêteurs. À l'issue de cette procédure, il ressort libre. Le parquet de Tarbes a estimé que sa suspension administrative et la confiscation de ses appareils réduisaient suffisamment le risque de récidive.
Les investigations révèlent un mode opératoire rodé. L'inspecteur photographiait ses collègues féminines à leur insu, dans des contextes professionnels du quotidien : repas partagés, pauses café, déplacements dans les véhicules d'auto-école. Il plaçait notamment son téléphone sous les tables pour capturer des images à caractère intime. D'autres clichés provenaient des profils Facebook de ses collègues ou concernaient des documents d'identité de candidates à l'examen du permis.
Parmi les personnes figurant sur ces photos, certaines sont des adolescentes, pas nécessairement candidates au permis, précise une source proche du dossier. ICI Béarn Bigorre, qui a consulté plusieurs de ces images, décrit des clichés allant de photos apparemment anodines à d'autres montrant clairement les parties intimes des victimes. Le volume est édifiant : plusieurs centaines de photographies auraient été prises au total.
Une des victimes a confronté directement l'homme aux faits avant sa suspension. Face à elle, il a reconnu les faits. Il a expliqué "être malade, devoir se faire soigner". Cette victime témoigne : "Je m'entendais bien avec lui. Nous buvions parfois des verres après le travail. Il n'a jamais eu de gestes déplacés." Ce témoignage illustre la difficulté à déceler ce type de comportement dans un cadre professionnel apparemment ordinaire.
Au moins trois femmes ont déposé plainte au début du mois de décembre 2025. Il s'agit de monitrices ou directrices d'auto-écoles exerçant dans le secteur de Bagnères-de-Bigorre. Le parquet de Tarbes a ouvert une enquête préliminaire. L'avocat de l'inspecteur, contacté par ICI Béarn Bigorre, n'a pas souhaité s'exprimer.
Pour comprendre les différentes infractions potentiellement en jeu dans cette affaire, voici les principaux faits reprochés et leur qualification possible :
Le voyeurisme est un délit prévu par le Code pénal français. L'article 226-1 punit d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de capter, enregistrer ou transmettre, sans le consentement de celle-ci, l'image d'une personne se trouvant dans un lieu privé. Les sanctions sont alourdies lorsque les victimes sont mineures ou que les images ont un caractère sexuel.
Sur le plan administratif, la préfecture dont dépend l'inspecteur a prononcé sa suspension dès décembre 2025. Une radiation définitive de la profession reste possible selon l'issue des procédures disciplinaires et judiciaires en cours.
Les inspecteurs du permis de conduire exercent une mission de service public. Agents de l'État rattachés aux préfectures, ils évaluent les candidats lors des épreuves pratiques. Leur position d'autorité les met régulièrement en contact avec des moniteurs, monitrices et directeurs d'auto-écoles, ainsi qu'avec des candidats parfois très jeunes.
| Étape chronologique | Date | Détail |
|---|---|---|
| Découverte des faits par l'épouse | Automne 2025 | Signalement à la gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre |
| Perquisition au domicile | Octobre 2025 | Saisie des téléphones, ordinateurs, tablettes |
| Dépôts de plaintes | Début décembre 2025 | Au moins trois victimes, monitrices ou directrices d'auto-écoles |
| Suspension administrative | Décembre 2025 | Prononcée par la préfecture compétente |
| Révélation publique de l'affaire | 15 juin 2026 | Publication par ICI Béarn Bigorre |
Cette affaire pose une question concrète : quels mécanismes permettent de signaler et de protéger les professionnels qui travaillent régulièrement aux côtés d'inspecteurs de l'État ? Les victimes, ici, n'étaient pas des candidates anonymes mais des professionnelles du secteur, connues de l'inspecteur. La relation de confiance professionnelle a manifestement facilité l'accès aux victimes.
Toute personne s'estimant victime de faits similaires peut contacter la gendarmerie ou la police locale, ou appeler le 3919, numéro national de référence pour les violences faites aux femmes. Le signalement reste le premier levier d'une procédure judiciaire efficace, comme cette affaire des Hautes-Pyrénées le valide clairement : c'est un signal extérieur, celui de l'épouse du suspect, qui a permis d'enclencher toute la chaîne de réponse pénale et administrative.
Renouvellement Permis de Conduire est un service privé d'accompagnement indépendant de l'administration française. Nous n'émettons pas de passeports. Le traitement officiel est assuré par les mairies et préfectures habilitées.